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Et si... marine et armée de l'air 1975-2005

What-if (comme disent les fanas britanniques…)  
 
Armée de l'air et aéronavale 1975 - 2005  
 
Petit exercice de réécriture de l'histoire… 
 
 
En 1975, après les échecs financiers de l 'ACF et du G8 les militaires comprennent qu'ils ne pourront pas financer leur avion biréacteur polyvalent sans faire de sacrifices. Des mesures radicales s'imposent. En effet il faut trouver des fonds pour le futur avion de chasse des années 80, qui sera forcément biréacteur.  
 
Dassault se rend à l ' Elysée voir Giscard le 18 décembre 1975, et lui propose un biréacteur pour l'armée de l'air (le 4000) et un monoréacteur pour l'exportation (le 2000). Après avoir brièvement songé à faire du 2000 l'avion de l'armée de l'air au détriment du 4000, (une idée parfaitement idiote: l'armée de l'air voulait à toute force un biréacteur, et non satisfaite par le 2000, le 4000 abandonné, aurait été obligé de lancer un troisième avion, biréacteur comme le 4000, à la fin des années 80!!) une autre idée est étudiée. 
Il est dommage de réaliser le Mirage 2000 alors que le Mirage F1 voué aux même missions vient de rentrer en service (en 1973) et qu'il existe même une version du F1 équipé du moteur du futur 2000 (le F1E qui vient de perdre le marché du siècle en juin).  
Aussi Dassault est il amené à revoir ses plans : le 2000 proposé est remplacé par un F1 amélioré, dopé par le réacteur M53 et polyvalent, bénéficiant des travaux menés sur le 2000. Cet avion doit devenir le cheval de bataille de l'armée de l'air, mais aussi de l'aéronavale, quitte à arrêter des programmes en cours voire revendre des avions, même récents, à l'exportation!! Plusieurs questions se posent : le F1E peut il être navalisé en remplacement des Crusaders puis du Super-Etendard, ce qui implique le catapultage avec des Exocets ? Peut il être transformé en avion de pénétration basse altitude en remplacement du Jaguar ? La réponse de Dassault est affirmative, le Mirage F1 surclasse largement le Jaguar en air-sol, ayant plus de puissance, surtout avec le M53. Des Mirages F1 de pénétration et armés d'exocet sont en cours de réalisation pour l'exportation (AZ, EQ). De plus, ceci sont équipés du Atar 9K50 bien moins puissant que le M53-5. D'ailleurs les avions destinés a l'exportation pourront être également standardisé avec ceux de la marine et de l'armée de l'air, la seule différence résidant alors dans le moteur (Atar pour l'exportation, M53 pour les armées françaises…). Enfin, un prototype navalisé du F1 vole déjà (le F1M). Cela fera du bien à Dassault aussi, qui pourra exploiter à fond le potentiel du Mirage F1, non seulement dans le temps (jusqu'au début des années 90) mais aussi en performances (grâce au nouveau M53).  
 
A l'issue de la réunion, les décisions suivantes sont prises : 
- adoption du Mirage F1E comme avion standard de l'aéronavale et de l'armée de l'air, en trois versions (EC, ED et EM)  
- adoption du Mirage 4000 dans un premier temps comme remplaçant du Mirage IV. 
 
 
 
- Arrêt des programmes Super-Etendard, Jaguar, Mirage F1C et Mirage 2000 
- Revente des appareils redondants et obsolètes déjà en service dans l'armée de l'air et l'aéronavale (Crusader, Mirage IIIE,C VF Jaguar, Mirage F1C).  
- Achèvement de l ' ACF, déstockage et remotorisation du G8-02 avec des M-53 afin de servir de bancs d'essais aux équipement du 4000N.  
Pour que Dassault conserve son savoir faire en matière de chasseurs, il est donc décidé de mener à bien le 4000, mais pas avant le début des années 80 et dans un premier temps, en version biplace de pénétration (Mirage 4000N) pour remplacer le Mirage IV. 
 
Cette version permettra de lancer la chaîne en utilisant les fonds "sécurisés" de la dissuasion nucléaire. La standardisation autour du F1E sert également à dégager le maximum de fonds pour le programme. Ensuite, une fois la chaîne lancée et le prix diminué, le 4000 pourra être réalisé en temps qu'intercepteur, pour l'armée de l'air mais également pour l'Irak ou l'Arabie Saoudite. Néanmoins le développement du 4000, même étalé dans le temps représente un défi financier.  
Pour trouver les fonds, deux axes sont étudiés, à savoir une standardisation maximale autour du F1E et par suite la revente des chasseurs bombardiers remplacés. Le Mirage F1E équipé du réacteur M-53-5 de 9000kgp s'avère capable de mener des missions d'attaque au sol.  
 
En 1976, un grand nombre de Mirage III et V sont proposés à l ' exportation. Les Jaguars à peine entrés en service suivent , de même que les Mirages F1C à réacteur Atar , et les Crusaders de la marine. Les Mirages IIIC sont revendus à l'Afrique du Sud , les IIIE trouvent très facilement preneur en Amérique du sud, les VF (modernisés par Dassault) en Libye . L'Inde acquiert tout les Jaguars, les F1C trouvent preneur au Maroc et dans les pays du Golfe persique. Enfin, les Philippines acquièrent quelques Crusaders. Les avions sont envoyés à Chateaudun en dépôt avant la revente. Toutes ces ventes permettent de dégager des fonds considérables et se font avec l'accord de Dassault qui modernise les appareils, gère la vente.  
 
Pas moins de 380 Mirages F1E sont commandés par l'armée de l'air, et 100 par la Marine. Plusieurs versions sont développées  
- Mirage F1EC : monoplace de l'armée de l'air destiné à l'interception (avec radar Cyrano-IV puis RDM et dérivés, Magic I et II super-530 D/F ). De nouveaux points d'emports sont ajoutés de part et d'autre des entrées d'air (comme sur les Lightnings britanniques) portant la capacité en missiles air-air à 4 Magic (extrémité d'ailes et entrées d'air) et 4 Super 530D/F (ailes et fuselage). 
 
 
 
- Mirage F1EM : câblés pour emporter l'exocet, et toutes les munitions air-sol. Avec la puissance supplémentaire du M-53, le F1EM peut emporter jusqu'à trois Exocet (deux sous les ailes, un troisième sous le fuselage!). Le prototype F1M (avec l'Atar 9K50) est utilisé comme avion de développement. Après avoir envisagé successivement le Mirage G, l'A4 Skyhawk, l'A7 Corsair II , le Jaguar M et le Super Etendard, la marine tient enfin son avion polyvalent. 
 
- Mirage F1ED : la version biplace d'abord destinée à l'entraînement est transformée en un avion de pénétration basse altitude relativement peu sophistiqué sur le modèle du Jaguar; cette version est destinée a être rapidement remplacée par le 4000D. 
 
Certes la quantité est importante, mais la standardisation, autour d'un seul type, des missions air-air, air-sol et air-mer permet d'énormes économies. De plus les ventes exports permettent de baisser les prix. Enfin, les programmes Jaguar, Super Etendard sont arrêtés. La marine française, elle, est doté d'un avion de qualité et polyvalent au moins jusqu'à la fin des années 90 ce qui lui permet de consacrer ses moyens à sa flotte de surface et son nouveau porte avion. Car le programme Super-Etendard laissait en suspens l'épineuse question du remplacement des Crusaders…  
 
L'armée de l'air, elle, a fait une excellente affaire en se standardisant autour du Mirage F1 car l'avion est bon, polyvalent, et surtout disponible à bas prix en grande série du fait des contrats exports. En effet le marché du siècle a éclaté lorsque la Belgique est revenue sur sa décision et pris en compte le F1E. Le ministère de la défense peut également récupérer des crédits de l'aéronavale, le SE n'étant plus nécessaire. La somme énorme économisée peut alors permettre de lancer la chaîne de fabrication du Mirage 4000 d'abord en tant que biplace de pénétration avec ASMP afin de remplacer le Mirage IV.  
 
La première version développée est le F1EM destiné à la marine qui a un besoin urgent de remplacer ces Crusaders déjà obsolètes. Cette version vole en Janvier 1976 et est livrée à la marine en juin 1978. Le premier lot est doté de radar air-air uniquement, et remplace les Crusaders. Les marins apprécient rapidement leur nouvelle monture, d'autant plus que quelques biplaces E(B)M leurs sont livrés (il n'y avait pas de F-8 biplaces…).  
Très vite une deuxième version est livrée dotée d'un radar multimode dérivé de l'Agave étudié pour le SE. Compatible avec l'exocet et les armements air-sol, il présente des caractéristiques honorables en mode air-air et peut assurer la défense aérienne rapprochée de la flotte. Une étude comparative avec le seul prototype du Super-Etendard montre que l'appareil est beaucoup plus sur lors des appontages et catapultages du fait de la puissance du M53. Il est réellement polyvalent et possède une charge offensive largement supérieure. 
 
La version suivante à voler est le F1ED d'attaque, en mai 1976. Il rentre en service dans l'armée de l'air en mars 1978 pour remplacer les Jaguars et Mirage IIIE. Là encore, les pilotes apprécient leur nouvelle monture, d'autant plus que l'appareil est délibérément conçu comme biplace afin d'alléger la charge de travail des équipages. Il a également été voulu relativement rustique comme le Jaguar.  
 
Enfin le F1EC vole en Janvier 1977 et entre en service à Dijon en juillet 1980 puis à Reims deux mois plus tard, remplaçant les IIIC et surtout les F1C a réacteurs Atar. Une comparaison entre les deux appareils montre tout le bénéfice apporté par le M53: les 1800kgp de poussée en plus se sentent très vite notamment pour les interceptions. Des versions encore plus évoluées équipées des nouveaux radars RDM et RDI en lieu et place du vieux Cyrano-IV se profilent. M53 et missiles air-air encore plus puissants suivront ces évolutions.  
 
Dès 1982, le gros du financement du F1E est passé; l'armée de l'air entame alors le remplacement du dernier avion ancien de sa flotte, le Mirage IVA. Le prototype du 4000 a volé dès 1978 c'est un biplace qui a testé l'intégration de l 'ASMP. le 4000N sera prêt juste a temps pour recevoir l 'ASMP, rendant inutile le Mirage IVP envisagé (refonte des Mirages IVA avec l 'ASMP). Le 4000N rentre en service en 1985 à Mont de Marsan. En 1986, l'armée de l 'air adopte une version de frappe conventionnelle du 4000, le 4000D.  
 
Un autre destin pour le Mirage 4000  
 
 
 
Une fois que l'armé de l'air a adopté le F1E à la place du 2000 en 1975, et que le F1E est devenu l'avion standard de l'armée de l'air et de la marine (à la place des Mirage IIIC/E VF Jaguar Super-Etendard Crusader etc.) la voie est libre pour le 4000. Non pas comme intercepteur, mais plutôt dans un premier temps comme biplace de pénétration basse altitude pour remplacer le Mirage IV. L'Irak passe quand même commande, un tel avion pouvant tenir un rôle comparable aux Phantom iraniens.  
Deux versions sont alors développées, le 4000N pour la frappe nucléaire et le 4000D pour la frappe conventionnelle. Non intéressée au départ par la version D, après avoir commandé 60 Mirage 4000N, l'armée de l'air change d'avis et commande 66 Mirage 4000D de frappe conventionnelle à longue distance, afin de compléter puis carrément remplacer ses F1ED au rayon d'action trop court. Le 4000D devient la réponse française au Tornado…  
 
L'armée de l'air est alors articulée sur deux appareils uniquement, les F1E polyvalents et les nouveaux 4000 de frappe conventionnelle ou nucléaire à longue distance. 
La capacité d'emport du 4000 en version pénétration est tout simplement phénoménale, de l'ordre d'un pod ATLIS sous le fuselage, pas moins de 6 AS-30L sur 4 pylônes d'ailes à quoi s'ajoutent deux Magic II d'autodéfense et deux bidons de 2500litres. L'appareil est équipé de 12 points d'attache! Les Irakiens intéressés par l'avion aident à son financement en en commandant 50. Dassault a également fait une excellente affaire en passant directement du F1E au 4000 les deux avions lui permette d'être présent sur les deux marchés (chasseurs lourds et légers).  
 
De la fin des années 70 jusque en 1990, les ACF et G8-02 sont utilisés comme banc d'essais pour les équipements du 4000, au coté des prototypes 01 02 et 04.  
 
 
En 1978, des négociations commencent entre européens pour un futur chasseur polyvalent biréacteur devant entrer en service en 1992. Libérés des contraintes de l'aéronavale et de la polyvalence (assurées par le F1E), le gouvernement français propose - contre l'avis de Dassault- d'utiliser le 4000 comme base de travail. Le futur appareil sera plus petit, plus furtif, équipé de commandes de vol numériques et d'un nouveau réacteur baptisé RB-200, dérivé du RB-199 du Tornado. Les appareils français pourront être équipés du M53 si besoin est. Le reste de l'appareil sera très proche du 4000, afin de gagner beaucoup de temps et d'argent sur le développement... 
L'armée de l'air a prévu de passer directement du F1E à l'avion européen vers le début des années 90. Dans ce cas, le 4000 ne serait en service dans l'armée de l'air que en tant qu'avion d'attaque, N et D. Mais, en 1985, tout change: impressionné par les performances du 4000N/D, l'Arabie Saoudite demande à Dassault d'en développer une version de chasse, monoplace équipée des M53-P20 de 9900kgp. D'abord baptisé 4000C l'appareil vole en 1988, juste à temps pour intéresser les Saoudiens. En effet, les Tornado ADV sont médiocres et Israël refuse que les saoudiens possèdent plus de 60 Eagles en même temps!  
Après évaluation, le 4000 s'avère de toute façon supérieur au F-15 pour les raisons suivantes. 
Son aile delta offre 25m2 de surface alaire en plus (73m2 contre 56m2) alors que dans le même temps, son poids en ordre de vol  
-17400kg- s'avère inférieur (20500kg pour le F-15). Enfin, le 4000 est équipé de CDVE que n'a pas l 'Eagle.  
Le 4000-5 est proposé avec le missile polyvalent MICA. Cette version est équipée de rails d'extrémité de voilure ainsi que de bidons de kérosène permettant l'accrochage de missiles . La capacité d'emport de missiles devient alors ahurissante : 16 MICA! En effet, 6 peuvent être accrochés sous le fuselage, 4 sous les ailes, quatre encore aux bidons et deux aux extrémité des ailes. La puissance de feu en mode air-air est incroyable… 
L 'Arabie Saoudite passe alors un contrat phénoménal de 45milliards de francs pour 120 exemplaires, malgré des pressions américaines intenses. 
Avec les 126 avions de pénétration nucléaire et conventionnelle du début des années 80 (équipés du radar antilope V) les 50 exemplaires irakiens ainsi que la commande Saoudienne remportée contre le F-15 en 1990 , l'avenir du Mirage 4000 est assuré…  
 
Une fois équipé des M53-P20, le rapport poids / puissance est alors de 1.32 sans la PC ce qui permet au 4000 de voler en supercroisière. Il est le seul chasseur de sa génération à pouvoir faire cela (avec le F-16XL).  
 
Lors d'une deuxième commande Saoudienne en 1991, le 4000C est équipé d'un radar multicible et devient 4000-5. A l 'origine, cette version ne devait pas entrer en service dans l'armée de l'air; mais les F1E sont vieillissants, et l'avion européen n'arrive pas avant le début des années 2000: l'armée de l'air commande 60 Mirage 4000-5 en 1993, portant ses commandes totales de 4000 à 186 exemplaires. Comble du gâchis, lors de la guerre du golfe, des 4000 saoudiens et français pulvérisent des 4000 irakiens au sol…  
 
Les 4000D français escortés par des F1EC participent au conflit, ainsi que les F1EM de la marine embarqués sur le Foch et le Clémenceau, dont c'est la toute dernière sortie avant leur retrait du service en 1992.  
3 nouveaux porte avions développés en coopération avec les britanniques (qui en ont achetés 2 de leur coté, permettant de doter l'Europe d'une force maritime impressionnante) viendront prendre la relève… 
 
Le Mirage 4000 s'est alors vendu à 356 exemplaires. Le prototype unique du Mirage 2000 est admis au musée de l'air et de l'espace en 1988. Ce chasseur léger pourtant plus évolué que le F1E (pour lequel SNECMA avait élaboré un projet de nouveau moteur, le M88)a fait un bide à l 'export, tout comme le F-20 tigershark par rapport au F-5E. En effet l'armée de l'air ne lui a pas trouvé de place…  
Pourtant Dassault proposait une version équipée de l 'ASMP, mais avec une charge conventionnelle.  
Cependant Dassault n'oublie pas les chasseurs légers et au début des années 90 ressort de ces cartons - et du musée de l'air- son projet de monoréacteur delta canard CDVE Mirage 2000, proposé indifféremment avec les M53-P2 ou le M88-3 de 9000kgp. Il s'agit de remplacer le F1E a l'export mais aussi dans la marine. Celle ci évalue l'appareil contre des F18C/D et adopte finalement le Hornet, biréacteur. Dassault arrive cependant a faire lancer l'industrialisation par un partenariat avec deux pays n'ayant pas accès au F-16 américain. Le 2000 étant léger, monoréacteur et relativement peu sophistiqué (son système d'arme dérive de celui des derniers F1E) le programme peut être financé plus aisément. L'appareil est rebaptisé "squall" (Rafale) pour les marchés exports. 
Dassault avait également un projet de biréacteur plus léger que le 4000, l ' ACX (présenté en maquette en 1986 ) mais celui ci est resté dans les cartons du fait de la commande saoudienne du 4000.  
 
 
Les décisions courageuses et audacieuses prise dans les années 70 permettent d'avoir à la fin des années 90 un avion polyvalent et efficace en service dans la marine, le F-18C/D (basés sur les 3 nouveaux porte avions nucléaires Charles de Gaulle, Georges-Pompidou et François-Miterrand). Les dernier F1E sont retirés du service par l'armée de l'air en 2003.  
 
Le dérivé du 4000 (baptisé Typhoon) entre en service après 2005 et commence à remplacer les appareils des 5 pays ayant participé a sa conception (Grande-Bretagne 250, Allemagne 180, Italie 100, France 234 et Espagne 90 : 864 appareils ont étés commandés!!). 
 
En 1987 un deal fut signé avec l 'Irak pour la fourniture de 40 Mirage 4000CQ, équipés du radar RDM de 120km de portée, de Super 530D et de Magic II. Le 4000 pouvait emporter 4 Super 530D semi-encastrés sous le fuselage, 2 autres sous les ailes et 4 Magic II, ce qui en faisait un adversaire extrêmement redoutable. Il lui manquait cependant un missile équivalent au Phœnix. Les irakiens découvrirent très vite que le 4000 était capable de voler en supersonique sans la postcombustion, ce que l'on appellerait quelques années plus tard la supercroisière. Dés que les 4000 furent mis en service en Irak, une embuscade fut tendue aux Tomcats iraniens. Les MIG-25 approchèrent de face, à Mach2.8 et 75000ft puis survolèrent les Tomcats en simulant le tir de R-40. Cette agression fit que les Tomcats se lancèrent à la poursuite des MIG, les illuminant avec leur radars AWG-9. Un MIG-25 fut endommagé par un Phœnix. Ce qu'ils ne savaient pas, c'est qu'il s'agissait d'une embuscade : les Mirage 4000 attendaient, au ras du sol radars éteint. Lorsque les Tomcats passèrent, en sens inverse, les 4000 montèrent brusquement, rétablirent derrière les Tomcats, illuminant les F-14 avec leur radars RDI. Une salve de Super-530D s'abattit sur les iraniens, faisant exploser un des Tomcats dans une boule de feu. Les trois autres firent face, et un furieux combat tournoyant s'engagea pour la première fois entre F-14 et Mirage 4000. Les Mirages prirent très rapidement l'avantage, et en moins de 3 minutes, deux tomcats allèrent au tapis, abattus d'une rafale de 30mm et d'un Magic II. Le 4000 venait d'affirmer sa supériorité sur le F-14 ce qui fut un coup terrible pour les iraniens…  
 
 
 
Liste des problèmes rencontrés par l'armée de l'air et la marine. 
 
- Aéronavale : le développement du Super Etendard (uniquement pour l'attaque) empêche le remplacement des Crusaders par un bon intercepteur. 
 
- Années 90 : développement du 2000-5 en parallèle avec le Rafale (2000 et Rafale trop proches 1978 / 1986) 
 
- L'armée de l'air veut un biréacteur pour les années 80 mais se voit imposer le Mirage 2000 monoréacteur. 
 
- Le Mirage 2000 abrège la carrière du Mirage F1, les deux avions étant trop proches (1973 1984) 
 
- Armée de l'air et aéronavale (années 85-95) : 6 avions d'attaque différents (F1CT, Jaguar, IIIE, VF, 2000N/D et Super-Etendard ) et 3 intercepteurs (F1C 2000C Crusader). 
 
- Abandon du Mirage 4000 par manque de soutien de l'armée de l'air faute de moyens financiers. 
 
- Enfin, le 2000N est un pale remplaçant pour le Mirage IVP (on y perd en rayon d'action, de 2500 à 1850km, car le 2000 est un monoréacteur moitié plus petit et léger!!)  
 
Le nœud du problème, c'est le duo 2000 / Rafale qui sont trop proche en temps et redondants; deux autres problèmes majeurs tiennent en un trop grand nombre d'avion d'attaque pour l 'armée de l'air, et un manque d'intercepteurs pour la marine.  
 
WHAT IF... 
 
Quand on reprend l'histoire à l'envers depuis 1975 (il y a plus de 30 ans) une solution jaillie d'elle même : pourquoi pas un duo F1E / Mirage 4000 à la place du 2000/ Rafale ? 
 
En fait tout a commencé en 1975, ou 3 erreurs ont étés commises: abandon du F1E, adoption du Super-Etendard par la marine, décision de lancer le Mirage 2000 à la place du 4000 (ce qui entraînera le Rafale en 1986). Le choix du Mirage 2000 était le pire de tous: d'abord, en tant que monoréacteur, le F1 venait à peine d'entrer en service, son potentiel était encore important, et pire encore, il existait un F1 avec le moteur du futur 2000 (le F1E qui volait déjà!). De toute façon, l'armée de l'air voulait… un biréacteur.  
 
La solution s'impose alors d'elle même : pourquoi pas un mélange de F1E à court terme (il faut bien un nouveau chasseur) et de 4000 à plus long terme (à la place du Mirage IV puis en tant que remplaçant du F1E justement).  
En fait, le Mirage F1E ne vaut peut être pas le Mirage 2000 entièrement nouveau certes, mais il à l'avantage d'exister déjà (économies…) et surtout de pouvoir combler rapidement les besoins de la marine française, ce qui permet d'élargir les commandes… 
Autrement, dit, plutôt que d'abandonner le F1E, développer le 2000 à la place , abandonner le 4000, développer le Rafale à la place (!!) (tout en laissant pourrir les Crusaders jusque en 1999!) pourquoi ne pas simplement garder le premier monoréacteur puis le premier biréacteur développé ?  
Le "premier" monoréacteur de l'armée de l'air (le F1E) étant déjà en production (cellule avec réacteur Atar, entrée en service dans l'armée de l'air en 1973, exportation… tout ça coûte beaucoup moins cher que les 23milliards engloutis dans le Mirage 2000…) et pouvant justement remplacer les Crusader (Un Mirage F1 a bel et bien été navalisé pour l'aéronavale… et les F1EQ irakiens ont emportés des Exocets avec le vieil Atar-9K50 de 7200kgp…ce qui rend inutile le Super Etendard!!)  
 
Cette solution présente de multiples avantages, notamment celui de résoudre de manière radicale les problèmes de l'aéronavale, et ce autour d'un seul avion! Elle a aussi le mérite de résoudre deux injustices, à savoir la malédiction des Mirages intercepteurs biréacteurs (3 prototypes en 1972 , 1975, 1979 aucun produit en série!) et celle du chasseur biréacteur de l'armée de l'air (un vieux rêve ayant conduit au Rafale).  
 
 
L'idée est simple : en 1975, le Mirage F1E à moteur M53 va être adopté comme avion standard non seulement de l'armée de l'air (en lieu et place du Mirage 2000) , mais également de l'aéronavale. Il va remplacer le maximum d'avion disparates dans les deux services, de façon à créer une standardisation qui permettra des économies drastiques (un peu comme…le Rafale aujourd'hui!!).  
 
Objectifs de ces économies : financer le Mirage 4000. D'abord, pendant les années 80 en tant que 4000N à la place du Mirage IV; ensuite, après 1990, en tant qu'intercepteur destiné à remplacer les F1E. Dans ce scénario, la marine française change toujours ces intercepteurs en 1999, sauf que au lieu des remplacer des Crusaders fossiles par des Rafales fabuleux mais trop chers, elle remplace des Mirages F1E encore corrects par des F-18C/D apte à durer jusque en 2020.  
 
La clef de l'histoire, c'est que les F1E et 4000 forment un bien meilleur duo que les 2000/ Rafale pour plusieurs raisons complexes.  
D'abord, ils sont mieux séparés par le temps (1967 1979) mais aussi par la technique et surtout par les dimensions et performances  
(Le F1E représente peut être 25es capacités d'un 4000 alors que le 2000-9 par exemple représente 60e celles du Rafale !). Enfin ce duo est mieux placé dans le temps surtout si le 4000 est d'abord développé en tant que remplaçant du Mirage IV (c'est tout de même autre chose que le 2000N… ) 
Enfin , à la manière du 2000 modernisé en -5 , 
-5mk2 puis -9, le 4000 prend le même chemin afin de contrer le Typhoon (pas besoin de Rafale…).  
 
Ou mieux encore : si en 1985 la France s'est orientée vers le Rafale, et les quatre autres partenaires européens vers le Typhoon, c'est parce que le Typhoon ne pouvait assurer certaines missions particulières au Rafale (à savoir : la frappe nucléaire, et l'embarquement sur porte- avion). Or, dans ce cas précis, la frappe nucléaire est assurée par le 4000, et le chasseur embarqué de la marine devient le Mirage F1E. Conclusion : la voix est libre pour un accord… et l'avion européen peut très bien être basé sur le 4000, tout en utilisant EJ-200, M53-5 ou M88-3 tous ayant une poussée de 9000kg en moyenne. D'ailleurs du point de vue de la mission, le 4000 est beaucoup plus proche du Typhoon que du Rafale. Sachant que le Typhoon rentre à peine en service en 2005, la prise en compte de Mirage 4000 par l'armée de l'air dans les années 80 n'aurait peut être pas été une menace, surtout si la plupart des avions étaient destinés à l'attaque plus qu'a l'interception 
 
Programme de développement du Mirage 4000 
1- 1979 Mirage 4000N de frappe nucléaire (60 exemplaires pour lancer la chaîne de production par une commande de l'armée de l'air avec les fonds de la dissuasion nucléaire). 
2- 1984 Lancement d'une version d'attaque conventionnelle, le 4000D, puis d'une version de chasse pour l'export (avec le système d'arme éprouvé du F1E) le 4000C. 
3- 1993 Mirage 4000-5 pour l'armée de l'air et l'export.  
L'idée : on étale le programme du 4000 tout au long des années 80, en versions d'attaque, afin de pouvoir le budgéter régulièrement et aussi pour ne pas faire concurrence au futur Typhoon. L'important, c'est que la chaîne de production soit financée et ouverte, pour pouvoir assurer des contrats exports. Une version de chasse peut être développée vers le milieu des années 80, équipée du système d'arme du F1E sur demande à l'export. Ensuite, une version de chasse évoluée (multirole, multicible ) le 4000-5 est proposée en 1993 et même adoptée par l'armée de l'air en raison des retards du Typhoon. Finalement, la seule différence par rapport au Mirage 2000 est que la version C n'est pas vendue à l'armée de l'air, celle ci disposant du F1E. 
 
En fait, le gros du financement du F1E se situe entre 1975 et 1982. Ensuite, la production s'arrête pour l'armée de l'air et l'aéronavale mais continue pour l'export, au moins jusque en 1992. Ensuite arrive le 4000 entre 1983 et 1990 (pour ne pas faire redondance avec le F1E, d'abord en version de frappe nucléaire puis frappe conventionnelle longue distance et enfin une première version de chasse la C). Après 1990, la version de chasse -5 est surtout vendue a l'export, l'armée de l'air n'en prend que 60, pour remplacer une partie des F1E en modernisant les autres. Car, en même temps, le Typhoon monte en puissance (entre 1989 et 2005) mais subit de gros retards qui font qu'il n'est pas forcément redondant avec le 4000-5 (qui de toute façon est un programme mineur pour l'armée de l'air qui préfère moderniser une partie de ses F1E).  
En résumé  
- à quoi bon développer le 2000 alors que le F1E existe déjà? 
- le F1 est l'avion idéal pour l'Aéronavale (il a exactement les même caractéristiques que le Breguet 1120 Sirocco ou… le Crusader, à savoir une aile haute hypersustentée pour se poser à 250km/h). Il peut remplacer les Crusaders et… le super Etendard.  
- Ce qui permet alors, en standardisant armée de l'air et aéronavale autour d'un seul chasseur polyvalent (le F1E) et en revendant tout les autres à l'export , de disposer d'un budget suffisant pour développer… le Mirage 4000. 
- Enfin , le 4000 étant réalisé en 1979, longtemps avant le démarrage réel du Typhoon (en 1987) les deux programmes peuvent devenir complémentaires… et non concurrentiel comme avec le Rafale! 
On a donc : Mirage F1E en 1975 pour la chasse et l'attaque, Mirage 4000 en remplacement pour l'attaque dès 1985 et la chasse (partiellement) en 1990 et enfin, Typhoon en 2005…c'est un peu plus cohérent. 
 

 

(c) Dupont Jean - Créé à l'aide de Populus.
Modifié en dernier lieu le 17.02.2006
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